Mégalithes et Rotheneuf

D’un côté, des alignements à Carnac et Erdeven, érigés durant la période du Néolithique, entre 4500 et 3000 av J-C pour des raisons qui restent obscures malgré les flots d’interprétations.

De l’autre, située non loin de St Malo, l’œuvre d’un homme, l’abbé Fouré, qui sculpta pendant vingt-cinq ans le rocher des Rothéneufs à la fin du XIXème siècle, retraçant certaines histoires et portraits de cette famille de corsaires qui avaient fixé sur ce lieu leur point de ralliement.

Les présenter côte à côte n’obéit donc à aucune logique chronologique ou thématique. Pourtant, si les personnages sculptés des Rothéneufs pouvaient marcher, c’est avec plaisir que nous les verrions parcourir le pays et habiter ces constructions faites du même matériau qu’eux, le granit.

Ce qui les relie, au-delà du temps, semble être une même âme.

En souhaitant que cette approche subjective trouve bon écho, nous vous souhaitons une bonne ballade.

 

Quelques détails sur les Rothéneufs

A la base, une famille au XVIème siècle, issue de corsaires et de pêcheurs contrebandiers, qui fixa son point de ralliement sur la zone entourant les rochers sculptés.

Un règne qui dura un siècle, leur valant même le respect des grands trafiquants de la cité proche, St Malo.

Leurs surnoms étaient connus : un certain Durand, surnommé Gargantua, commandait la flotte des Rothéneufs, La Bigne était capitaine, La Haie, Bennetin, le Grand Chevreuil, Rochefort, le Petit Chevreuil étaient seconds, lieutenants et sous-lieutenants.

Un certain Job, surnommé Vive La Joie, était homme de confiance. Un autre, Jean de Caulnes, fut surnommé l’Egyptien pour avoir séjourné à Alexandrie. Le Fakir, Crésus, La Buse sont autant de noms qu’ils s’étaient choisis.

Leur autorité, leur influence sur la région perdurèrent jusqu’à la révolution qui, telle une tourmente, divisa la tribu, amena conflits et trahisons et mirent un terme à leur domination.

Les corps entassés pêle-mêle représentent la destruction de la tribu (photos III, V).

Dans l’imagerie du lieu, des monstres marins, attirés par le carnage, apparurent, dont ce monstre qui aurait happé le dernier des Rothéneufs (photo XIV, au centre en bas).

Gargantua et, dans l’ombre, Vive la joie, sont les personnages principaux de la photo XI.

Un personnage particulièrement touchant est le dernier des Rothéneufs, qui ne peut que contempler l’extinction de la lignée (photos I, II, XV).